DRÔLE DE TEMPS POUR UN PRINTEMPS.

Publié le 21 Mars 2015

Ce qu'on peut lire dans la revue "Notre temps", nous laisse penser qu'à peine sortis de l'hiver, voilà qu'on nous annonce à nouveau le gel.

Ce sont les propositions du patronat pour sauver les retraites complémentaires du privé.

  • Gel de trois ans, pensions et réversion amputées.

Pour tenter de redresser les comptes de l’Agirc et de l’Arrco (le déficit pour 2014 dépasse 5 milliards d’euros et les réserves des caisses seraient épuisées entre 2018 et 2025) le Medef, la CG-PME et l’UPA (artisanat) préconisent de geler pendant trois ans les pensions complémentaires des  retraités. Une mesure dont ils escomptent un gain de 4 milliards d’euros. De fait, cette stagnation s’ajouterait aux non revalorisations de 2014 et 2015, conséquence du précédent accord conclu en 2013…

  • Une retraite amputée avant 67 ans ?

Autre proposition du patronat : le report de l’âge de départ à la retraite. Les salariés qui partiraient à 62 ans, l’âge légal dans le régime général, ne percevraient pas leurs retraites complémentaires à taux plein, mais subiraient une décote de 20 à 40%, selon les scénarios envisagés.  Ils ne toucheraient l’intégralité de leurs pensions qu’à compter de 67 ans. La mesure rapporterait entre 2 et 4 milliards. 

  • Réduction des droits Arrco-Agirc des demandeurs d’emplois à hauteur de 70%. Ce qui correspond au niveau des cotisations de retraites complémentaires payées aujourd’hui par l’Unedic qui contraint les régimes prendre en charge le solde de 30%.

  La réversion dans la ligne de mire.
Les pensions de reversions sont également visées. A compter de 2016, les salariés auraient le choix : soit percevoir leur retraite complémentaire à taux plein, mais leur conjoint toucherait une pension de réversion amputée du tiers, voire de la moitié. Soit accepter une diminution de leur retraite Arrco-Agirc (comprise entre 2% et 5%), ce qui permettrait à leur conjoint de percevoir une pension de réversion maintenue au taux actuel de 60%.

 

  • Enfin, une mesure classique – déjà appliquée à plusieurs reprises- est une nouvelle fois mise en avant par les employeurs : le renchérissement du prix d’achat des points Arrco et Agirc. Une option qui réduira les pensions des futurs retraités et source, à terme, d’économies importantes (4 milliards d’euros en 2040).

                              

POSITION DE LA CFTC.

Pour Pascale Coton, secrétaire générale de la CFTC, il ne peut pas y avoir d’accord sans une hausse des cotisations. Et d’évoquer une fourchette d’augmentation de 0,08 à 0,10%. Elle rejette toute mesure concernant la réversion. "Cela rapporterait au maximum 300 millions d’euros. De plus, si on baisse la réversion, ce sont avant tout les femmes qui  se retrouveront dans de grandes difficultés. Et au final, ce sera la collectivité qui paiera!"

Quant à l’abattement appliqué sur les pensions des salariés qui partiraient à 62 ans il est, de son point de vue, irrecevable. "Dans le cas d’une retraite totale de 1700 euros, cela équivaudrait au minimum à une baisse de 116 euros par mois la  première année, de 95 euros la deuxième année, et ainsi de suite, de manière dégressive, jusqu’à 67 ans. De l’argent qui ne sera jamais récupéré", précise-t-elle.  "C’est inacceptable ! Nous ne sommes pas opposés à un léger abattement, mais de 2% maximum et jusqu’à 64 ans".

Les partenaires sociaux ont jusqu’au mois de juin 2015 pour trouver un accord.

 

Affaire à suivre, donc, et de près.

 

A bientôt sur de nouvelles pages...................
 

Rédigé par ufr-pse-cftc

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