Quoi, ma gueule........?

Publié le 25 Novembre 2010

Ah ! qu’elle est belle, la nouvelle caissière de mon supermarché.

 

Je sais, vous avez sûrement la même chez vous, mais ça n’empêche rien.

 

J’ai bien essayé d’engager la conversation avec elle, j’ai même tenté de faire de l’humour pour la faire rire, sans succès. J’ai l’impression désagréable de lui être totalement indifférent et ça plombe mon Ego.

Ou peut-être ne parle t-elle pas ma langue, ou peut-être que mon miroir ne reflète plus la réalité.

 

La dernière fois, quand je l’ai remerciée à la fin de ma transaction, que croyez-vous qu’elle a fait, cette malapprise ?

Eh bien rien, justement.

Elle n’a rien répondu.

J’étais à deux doigts de me plaindre au Directeur du supermarché, quand un petit jeune, derrière moi, m’a fait remarquer que je parlais à une machine.

 

Oui, vous savez ; elle est entièrement carrossée en ferraille, elle a des couleurs attrayantes et, de temps en temps, dans un hoquet, elle fait « bip ».

Oh ! certes, elle est un peu massive et n’a jamais le sourire, mais elle n’a pas le rhume et ne vous distribue pas de microbes de « grippe A » ou autres miasmes dévastateurs.

 

Idiot que je suis, je pensais naïvement que les bénéfices de ce grand groupe permettaient de créer de la richesse et de l’embauche.

 

On m’a expliqué que l’installation de ce matériel me permettrait de gagner du temps et d’être mieux servi dans le reste du magasin.

 

On ne m’a pas dit que le jeune, derrière moi, qui cherche du travail, avec son bac +….. ne peut pas lutter avec cette employée modèle. Elle n ’est jamais absente, elle ne fait jamais grève, elle ne fait pas d’enfants etc…(encore heureux qu’elle ne se reproduise pas toute seule, sinon………..).

 

Je me demande bien ce que je vais faire de tout ce temps gagné, de ces économies, réalisées par le groupe agro-alimentaire, qui donne si complaisamment asile à cette caissière super sexy. Ça va bien me profiter un de ces jours, non ?

 

Alors, réflexion faite, quand il m’arrive de délaisser le commerçant de mon quartier (Oooh que j’ai honte !), je me détourne soigneusement de cette caissière muette et désagréable, et je fais confiance à l’hôtesse de caisse (oui, là aussi on m’a expliqué que « caissière » est un gros mot), qui a souvent le sourire, un mot gentil, malgré la pression et la pénibilité de son travail, un bonjour et un au revoir aimables, avec une voix changeante selon qui elle est, et qui m’aide parfois à mettre mes provisions dans mon sac.

 

Pourquoi je fais ça, direz-vous ?

 

Mais parce que je suis à la CFTC, pardi, et que l’Homme est prépondérant sur la machine.

C’est tout simple.

Ah, j’ai entendu quelqu’un dire « simpliste ».

Je ne relève même pas, car celui-là n’a probablement pas d’enfant en recherche d’emploi.

 

Euh, encore un mot, je fais pareil au péage de l’autoroute.

 

Je sais, c’est incurable.

 

A bientôt sur de nouvelles pages......

 

 

Rédigé par ufr-pse-cftc

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